L’assurance maladie généralise la prime à la performance pour les médecins.

De quoi s’agit t-il ?

L’assurance maladie a défini une liste d’une trentaine d’objectifs. Un médecin pourra gagner des points en fonction des objectifs atteints tels que la prescription de génériques à un taux donné, transmission suffisante de feuilles de soins électroniques ou la gestion à un taux défini de patients âgés de 50 à 74 ans participant au dépistage du cancer du sein.

 

Depuis 2009, l’assurance a testé cette prime à la performance avant de signer avec les médecins libéraux un protocole d’accord pour généraliser le paiement à la performance pour les médecins et tenter d’encadrer les dépassements d’honoraires de certains spécialistes. Après plusieurs mois de négociations, et une séance finale de 18 heures dans la nuit du mercredi 20 et du jeudi 21 juillet trois syndicats sur cinq (la CSMF, le SML et MG France) ont signé le texte comprenant un projet complet de nouvelle convention médicale. Reste la validation par les syndicats et le feu vert du gouvernement à obtenir. Une fois en vigueur ce texte régira pour cinq ans les relations entre les médecins et la Sécurité sociale.


Pour qui ?

Les nouvelles primes à la performance sont réservées pour l’instant aux médecins généralistes, mais elles ont vocation à s’étendre à d’autres spécialités. Elles généralisent une formule comparable déjà proposée à titre individuel aux généralistes depuis 2009, qui complète le paiement à l’acte. On compte en France 45.000 médecins généralistes éligibles qui pourront toucher une prime d’un peu plus de 9.000 euros par an.

Le directeur de l’assurance maladie Frédéric van Roekeghem estime à 50 % le taux des objectifs atteints par les médecins

 

Vous avez dit dépassements d’honoraires ?

Le point le plus difficile de la négociation aura été l’encadrement des dépassements d’honoraires, qui s’est soldé par un résultat en demi-teinte.

La Sécu et les médecins sont convenus de ressusciter le projet d’un “secteur optionnel”. Il s’agit d’un nouvel espace tarifaire à mi-chemin entre les actuels secteurs 1 (médecins pratiquant les tarifs Sécu) et 2 (honoraires libres).

L’enjeu est de régler le problème croissant d’accès aux soins posés par les dépassements, qui ne sont pas remboursés par la Sécu et le sont de manière inégale par les complémentaires santé.


Quels sont les objectifs ?

Selon le directeur de l’assurance maladie Frédéric van Roekeghem “l’objectif de ce mode de rémunération est de soigner mieux “

L’association QFC que choisir ne l’entend pas de la même oreille. Elle estime que “les patients verraient leurs cotisations aux complémentaires santé exploser. La prise en charge par les complémentaires est une solution “illusoire”, puisque les cotisations des assurés “exploseraient sous l’effet de l’augmentation du prix moyen des actes concernés”.

“Quant aux 4 à 5 millions de Français dépourvus de couverture complémentaire, parmi les plus modestes, ils devraient assumer seuls le poids écrasant des dépassements”, a-t-elle ajouté. L’UFC-Que Choisir souhaite faire disparaitre le secteur optionnel et “presse le gouvernement de s’attaquer enfin aux dépassements les plus élevés”.

E-santé: Demain, tous soignés sur le Web ?

Première expérimentation mondiale d'échographie cardiaque et obstétrique en simultané sur 3 sites distants, en 2004 à Paris.

SANTE – Le décret encadrant la pratique vient de paraître, en avant pour le tour de ses applications concrètes…

«Les premières téléconsultations auront lieu au début 2011.» Pour Roselyne Bachelot, c’est certain, l’avenir de la médecine est en marche. Un décret vient en effet d’être publié au Journal officiel, qui donne un cadre légal à la télémédecine. Le but? Régler les problèmes de démographie médicale et en finir avec les déserts médicaux.

«La télémédecine n’était jusqu’à présent qu’expérimentale, il s’agit d’un début de généralisation», explique à 20minutes.fr Pierre Traineau, directeur général du Catel, réseau de compétence en télésanté et télémédecine. «Le décret lève un frein législatif, poursuit-il, mais la généralisation ne se fera que progressivement.» En attendant, petit tour d’horizon de ce qui vous attend demain et après-demain.

Les téléconsultations

Elles font partie des quatre actes définis par le décret et permettent à un professionnel médical de «donner une consultation à distance à un patient». Une personne âgée en maison de retraite pourrait ainsi consulter dans le cadre d’un bilan mémoire ou nutritionnel le gériatre d’un centre hospitalier trop éloigné pour qu’il puisse se déplacer, explique Pierre Traineau. Des consultations psychiatriques ont également été expérimentées. Le tout à l’aide de matériel et de sites de vidéoconférence dédiés garantissant une bande passante, une sécurisation des données et une qualité d’image et de son suffisantes.

La téléexpertise

A l’aide du même matériel, un professionnel disposant déjà d’éléments médicaux peut solliciter l’avis d’un confrère ou d’un spécialiste. Une vidéoconférence dans le cadre de staffs collectifs peuvent être organisés sur le cas d’un patient. Des pratiques qui sont déjà mises en œuvre, selon le DG du Catel.

La télésurveillance médicale

Elle permet à un médecin d’«interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d’un patient», et de prendre éventuellement des décisions relatives à sa prise en charge. Les patients atteints de pathologies chroniques gérant des traitements parfois lourds à domicile sont concernés. Pierre Traineau cite l’exemple des insuffisants rénaux sous dialyse ou des diabétiques suivant des traitements par insuline.

La téléassistance médicale

Elle permet à un professionnel de santé d’«assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte». Selon Pierre Traineau, des solutions technologiques permettant la surveillance des plaies est déjà disponible, par le biais de photos. Une infirmière experte dans une institution spécialisée peut alors conseiller une autre infirmière chargée de réaliser le pansement du patient.

Demain, la téléchirurgie

Elle ne fait pas partie des quatre axes développés par le décret, mais cette pratique consiste à réaliser une intervention à distance, assistée par un ordinateur. «Elle est expérimentée avec succès depuis 2001», indique Pierre Traineau. Mais pour ce spécialiste, «ce n’est probablement pas ce qui concernera le plus de gens».

L’avenir: la médecine mobile

«Le citoyen-patient va rechercher de plus en plus de mobilité», affirme Pierre Traineau. Dès lors, quand l’habitude de la télémédecine sera prise, les malades voudront pouvoir être suivis dans tous leurs déplacements. Le spécialiste l’affirme: «Les smartphones et la miniaturisation des capteurs représentent sans doute l’avenir.» Des capteurs qui, intégrés à des dispositifs médicaux ou des vêtements, permettront de mesurer les constantes vitales du patient (respiration, pulsations cardiaques, tension artérielle) avant de les transmettre au médecin via le téléphone portable.

Source : 20 minutes.