Soins dentaires en France : l’addition est salée !

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Faire soigner ses dents coûte cher, même pour les patients qui bénéficient d’une mutuelle. Le constat, qui n’est pas nouveau, est étayé par l’Observatoire citoyen des restes à charge en santé. Il publie ce matin de nouveaux chiffres. Pour une couronne en céramique, il faut débourser en moyenne 242 euros après remboursement par l’assurance-maladie et les complémentaires, soit plus de la moitié du prix facturé par le dentiste. Pour un implant, le reste à charge constaté atteint 650 euros. « Accéder à ces soins dentaires devient un luxe pour un nombre toujours plus important de nos concitoyens », dénonce l’organisation. L’Observatoire a été créé par le CISS, un collectif d’associations de patients, le magazine « 60 millions de consommateurs » et Santéclair, un réseau de soins constitué par des complémentaires comme Allianz et MAAF-MMA regroupant plus de 6 millions d’assurés. Il s’est appuyé pour cette étude sur les données de l’assurance-maladie et 177.000 devis de prothèses et d’implants.

Couronnes, bridges, inlays… Les prothèses « constituent le gros de la dépense », rappelle l’Observatoire. Mal remboursées par la Sécurité sociale et de façon « très variable mais en général partielle par les complémentaires santé », elles représentent un reste à charge moyen de 290 euros par acte. Les écarts entre les départements « font passer l’addition du simple au double en ne descendant quasiment jamais en dessous de 200 euros et en grimpant jusqu’à plus de 400 euros à Paris ».

L’Observatoire reproche aux dentistes de privilégier des techniques coûteuses qui ne sont pas toujours indispensables. Les inlay-cores, dont les tarifs sont libres et varient de « 150 à plus de 300 euros selon les départements », sont de plus en plus utilisés, au détriment d’une autre solution, la « reconstitution sous couronne au fauteuil », dont le tarif est fixé par la Sécurité sociale. « Les deux techniques se valent en termes de qualité de soins », souligne l’étude. La convention signée en 2006 entre les syndicats de dentistes et l’assurance-maladie prévoyait que le nombre de reconstitutions au fauteuil, réalisées à tarif encadré, représente 87 % des actes à tarifs libres. « Dans les faits, on est tombé à 58 % ! » alors que la proportion était encore de 78 % en 2006. « L’assurance-maladie et les professionnels s’assoient sur la convention », dénonce l’Observatoire. L’étude met aussi en évidence des « dépassements d’honoraires illégaux » pour les soins conservateurs comme le détartrage ou les dévitalisations. Ils restent rares (moins de 2 % des honoraires) « puisqu’il s’agit normalement de soins que les dentistes sont tenus de facturer au tarif de la Sécurité sociale ». Cette « dérive » est « presque exclusivement parisienne », 60 % des dépassements étant facturés dans la capitale (en moyenne 9,50 euros par acte).

Source : Les echos.fr – Vincent Collen