Tourisme médical en europe, la santé perd ses frontières

Le tourisme médical est une nouvelle tendance mondiale loin d’avoir épargné l’Europe. Depuis 2002, plusieurs spécialités connaissent ainsi un franc succès comme la chirurgie dentaire, oculaire, esthétique… D’après les sondages d’Europ Assistance (Baromètre cercle santé), les européens seraient de plus en plus enclins à recourir à ces soins de santé à l’étranger.

Prenons l’exemple d’Andras Hahn, 46 ans, habitant Hanovre, qui aurait besoin de nouvelles dents. L’opération lui coûterait 2120 euros, dont 914,14 lui seront remboursés, et le reste serait à sa charge. S’il se rendait à Budapest, cela ne lui coûterait que le tiers. Le calcul est donc rapide pour beaucoup d’allemands qui n’hésitent plus à se déplacer chez nos voisins de l’Est .

Seul hic, le remboursement de ces soins a été longtemps problématique. Jusqu’à présent, le ressortissant européen devait être muni d’une autorisation préalable de son système d’assurance maladie, appelée formulaire E112, il pouvait alors se faire soigner dans n’importe quel pays de l’Union, mais à certaines conditions. En effet, l’article 22 précisait que l’autorisation pouvait être refusée lorsque le traitement était possible dans le pays d’origine.
En mai 2006, le système a été contraint d’évoluer avec l’affaire Yvonne Watts. Cette britannique s’était faite poser une prothèse de la hanche en France sans l’autorisation de sa caisse d’assurance maladie. Cette dernière refusant tout remboursement, Mrs Watts s’est donc adressée à la Cour Européenne de Justice qui a interprété les textes en sa faveur. Désormais, chaque Européen a la possibilité de se faire soigner aux mêmes conditions de remboursement dans n’importe lequel des 27 pays membres. Il suffit simplement au préalable de faire sa carte “Vitale” Européenne.

Chaque système réagit différemment à cette mobilité des patients. Les Français bénéficient d’un système de santé bien couvert et plutôt rapide ; ils sont donc surtout attirés vers les offres de chirurgie dentaire, très mal remboursée, et également par la chirurgie esthétique qui n’est pas du tout prise en charge. Beaucoup d’Anglais sont quant à eux poussés par la nécessité de s’expatrier pour pouvoir avoir accès à des opérations hors de prix. D’après Marianne, la Sécurité sociale anglaise dite NHS (National Health Service) aurait même poussé son pragmatisme jusqu’à passer un accord avec des hôpitaux privés indiens appelés Apollo…