Tourisme médical au Maroc : complexe touristico-médical à Marrakech de 21 000m²

Un complexe touristico-médical de 21 000m² à Marrakech sortira de terre dans les 6 prochains mois. La société émiratie Tasweek investit 341,2 millions de dirhams dans le secteur du tourisme médical encore relativement peu exploité au Maroc

Une petite ville médicale va être construite par le groupe émirati Tasweek Real Estate Development and Marketing, à Marrakech, a annoncé Masood Al Awar, PDG de Tasweek, à Construction Week Online.com, hier, lundi 22 octobre. Le tourisme médical poursuit son développement au Maroc. Après la Clinique Malo, à Casablanca, l’an dernier, pour un investissement de 200 millions de dirhams, Tasweek prévoit d’investir 341 millions de dirhams, une « healthcare city ». « Nous avons déjà les autorisations pour faire une ville médicale … Les éléments sont là : résidentiel, hôtelier et un hôpital », a annoncé Masood Al Awar, PDG de Tasweek.

La ville couvrira 21 000m², comptera un hôpital de 160 lits privés, un hôtel de charme de 40 chambres et 56 appartements résidentiels. Un investissement de cet ampleur dans le tourisme médical marocain par un opérateur émirati n’a rien de surprenant dans la mesure où ce secteur est fortement développé aux Emirats Arabes Unis. Les revenus du tourisme médical s’élevaient à environ 1,7 milliards de dollars en 2010, tandis que le secteur devrait croître d’environ 15 pour cent par an, selon Business Monitor International. Environ 15% des 500 000 en 2011 étaient des touristes médicaux, contre seulement 5 pour cent en 2009, indique The National.

Tourisme médical

La société Tasweek a choisi le Maroc, d’une part, parce qu’elle s’y est implantée dans le cadre de plusieurs projets d’envergure depuis l’an dernier et d’autre part parce qu’il présente un profile idéal pour le tourisme médical. « Le Maroc jouit de la proximité géographique avec l’Europe de l’Ouest et attire de nombreux Français. Le pays compte de nombreux atouts, dont une solide infrastructure touristique et un climat qui drainent des patients étrangers souhaitant combiner soins médicaux légers et séjours de convalescence dans des complexes touristiques », souligne Oxford Business Group dans sa fiche Maroc.

Pourtant, le pays n’est pas réellement connu comme une destination privilégiée du tourisme médical, contrairement à la Tunisie, par exemple. Cette activité « est encore embryonnaire. Chaque médecin travaille de son côté alors que le développement de cette activité exige une stratégie globale dans laquelle sont impliqués plusieurs départements ministériels dont le ministère du Tourisme et l’office national du tourisme, les tour opérateurs, les agences de voyage et les compagnies aériennes… », estime Mohammed Saâd Zemmouri, manager de Clinica Malo Casablanca, dans une interview au Soir, en décembre 2010. En 2011, le Maroc comptait 80 plasticiens et 10 cliniques spécialisées, selon Owford Business Group.

Les secteurs médicaux à avoir le plus d’avenir au Maroc, sont ceux qui ne sont pas remboursés par les systèmes d‘assurance maladie en Europe. L’écart entre les prix pour le patient qui se fait opérer au Maroc et celui qui se fait opérer en France est alors le plus important. La chirurgie esthétique, les opérations des yeux au laser et les implants dentaires sont, par exemple, des domaines plus porteurs car moins remboursés en Europe.

Source : yabiladi

Tourisme médical au Japon : secteur en plein essor

Tourisme médical : le Japon ne veut pas perdre ses riches touristes médicaux chinois

TOKYO – Alors que le torchon brûle entre Pékin et Tokyo pour le contrôle de quelques îles en mer de Chine, beaucoup plus au nord, dans la région d’Hokkaido, on croise les doigts: le tourisme médical est en plein boom et les premiers clients sont… les Chinois.

VOIR LA VIDEO

Les professionnels de ce secteur prometteur espèrent bien passer entre les gouttes et que le nombre de Chinois fortunés va continuer d’augmenter. A terme, selon des analystes il pourraient rapporter quelque 700 millions de dollars par an.

Une somme, pour une industrie touristique nationale qui se relève à peine de la triple catastrophe de l’an dernier: un séisme d’intensité 9, un tsunami géant et le plus grave accident nucléaire de la génération. Je suis venue parce que la médecine japonaise a très bonne réputation en Chine, affirme à l’AFP Zhang Lan, une jeune chinoise de 30 ans flanquée de deux traductrices, au moment où elle est accueillie avec force courbettes par le personnel de l’hôpital d’Asahikawa.

Dans cet établissement super équipé, on fait tout : bilan complet, dépistage du cancer ou de maladies neurologiques, chirurgie plastique et cosmétique, notamment des liposuccions et le remodelage des seins.

Pour Zhang, la priorité c’est la santé, mais en plus elle dit être venue de Shenyang, une ville industrielle dans le nord-est de la Chine, aussi pour respirer de l’air pur dans cette région japonaise réputée pour sa nature.

Cette fois c’est une visite de contrôle après mon dernier check-up, et le médecin m’a dit de faire attention à mon estomac. Coût total du voyage pour elle: 2.400 dollars. Je pense que beaucoup de Chinois seront intéressés par le tourisme médical car ils sont de plus en plus sensibles à l’importance d’avoir une bonne santé et ont davantage de moyens financiers, dit-elle.

La dernière fois que je suis venue, j’ai adoré les sources thermales chaudes, la nourriture, la montagne, la mer. Les grandes villes comme Tokyo et Osaka ne m’intéressent pas, on en a assez en Chine.

Le système de santé public étant limité, la médecine occidentale coûte cher en Chine et les gens mettent souvent beaucoup d’argent de côté pour se faire soigner ou faire soigner leurs vieux parents.

La Suisse de l’Asie

Le tour opérateur qui organisé le voyage de Mlle Zhang, Medical Tourism Japan, a eu l’an dernier 270 clients chinois. Pour le patron de l’entreprise, Katsuya Sakagami, Hokkaido, pour les Chinois c’est un peu la Suisse de l’Asie.

Au départ je vendais de l’équipement médical et je me suis lancé dans le tourisme médical pour les Chinois, raconte-t-il à l’AFP. Tout cela, c’était avant que Pékin et Tokyo ne se fâchent à propos de l’archipel des Senkaku, en mer de Chine orientale, que Pékin revendique avec force sous le nom de Diaoyu.

Le conflit s’est aggravé avec la nationalisation début septembre par Tokyo des îles, jusque-là propriété d’une famille japonaise. Cette décision a déclenché d’importantes et parfois violentes manifestations anti-japonaises pendant une semaine dans des dizaines de villes en Chine.

Cela va certainement avoir un impact sur le tourisme médical, prédit Kayo Uemura, chercheuse à la Banque de développement du Japon. Le conflit pourrait bien durer plus longtemps que ne le pensent les Japonais. On verra au début de l’an prochain combien de Chinois reviennent, dit-elle.

Pour l’instant le tourisme médical ne représente selon elle que 10.000 personnes, mais il pourrait bientôt exploser jusqu’à 400.000 avec l’arrivée de Russes et d’Américains, un marché potentiel de 7 milliards de dollars.

Pour cela, poursuit-elle, il faut bien sûr mettre en place tout une organisation, un système de visas spéciaux, employer des traducteurs, mais aussi entretenir de bons rapports avec les voisins, notamment Chinois. Car en plus de venir se faire soigner, ces riches voisins de l’ouest s’offrent aussi parfois des maisons.

Et Mlle Zhang est certaine qu’Hokkaido sera bientôt inondé de touristes chinois en quête de santé comme elle. C’est juste une question de temps.

VOIR LA VIDEO

Source: © AFP (19/10/2012)