Les Français pessimistes sur l’avenir du remboursement des soins

Très attachés au système de remboursement des soins par l’Assurance Maladie, les Français sont toutefois très pessimistes quant à sa pérennité, selon une étude de l’institut de sondage TNS-Sofres publiée mardi dans La Tribune.

Le déficit du régime général de la Sécurité sociale atteindra 23,2 milliards d’euros cette année, selon les prévisions de la Commission des comptes de la sécurité sociale. C’est dans ce contexte que doit être présenté le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2011. C’est aussi dans ce contexte que La banque Postale, La Mutuelle Générale et La Tribune publient le Baromètre Prévoyance Santé, qui montre l’inquiétude croissante des Français à l’égard de l’avenir des remboursements des soins.

Réalisée par l’institut de sondage TNS-Sofres, l’étude a été réalisée au début de l’été auprès d’un millier de personnes. Elle révèle que les Français sont globalement satisfaits des taux de remboursements des soins (consultations médicales et produits de santé) par l’Assurance maladie, mais qu’ils sont inquiets quant à la pérennité de ce système.

Dans le détail, on constate que le remboursement des consultations de médecins généralistes donne satisfaction à la très grande majorité des citoyens (88 %). La prise en charge des frais de radiologie et d’hospitalisation est également jugée satisfaisante pour la plupart d’entre eux (71 % et 67 % respectivement). Mais quand on demande aux Français s’ils jugent satisfaisant le remboursement des médicaments et des consultations chez le spécialistes : ils ne sont plus que 59 % et 53 % à le penser. Et ils sont carrément insatisfaits des niveaux de remboursement des consultations pour lesquelles les honoraires sont libres et de certaines dépenses particulièrement coûteuses comme les soins dentaires ou optiques (lunettes et lentilles).

Une inquiétude de plus en plus forte

L’étude, qui est la 4ème du genre, montre un accroissement du pessimisme des Français depuis 2007, puisqu’ils sont désormais 83 % à se déclarer pessimistes à l’égard de l’avenir du remboursement des soins de santé, contre 76 % 3 ans plus tôt.

Leur inquiétude porte plus précisément sur le taux de remboursement des médicaments. Les vagues successives de déremboursement orchestrées par le ministère de la Santé ont non seulement entamé leur satisfaction actuelle (59 % sont satisfaits du niveau de remboursement actuel contre 64 % en 2009), mais elles augurent un avenir plus sombre pour 83 % des personnes interrogées (contre 69 % en 2007). D’ailleurs, près des 2/3 d’entre elles jugent “pas normal” de dérembourser des médicaments.

Ces réponses traduisent le fort attachement des Français à leur système de santé : ils sont 55 % à vouloir que l’État garantisse sa pérennité et que l’Assurance maladie continue à rembourser les dépenses de santé.

Pour pallier le déficit de remboursement, les Français se tournent vers les mutuelles ou les complémentaires santé, qu’ils sont de plus en plus nombreux à juger indispensables (83 % contre 77 % en 2009). La majorité d’entre eux en sont satisfaits, dans l’absolu et en termes de rapport qualité/prix (85 %).

Interrogés sur le principe de désigner un médecin traitant, les 2/3 des Français pensent que c’est une bonne chose, un jugement en progression par rapport à 2006 (+ 6 points). D’ailleurs, ils sont 9 sur 10 à respecter le parcours de soins coordonnés (mais seulement 6 sur 10 systématiquement). Une proportion non négligeable (30 %) ignore toutefois que le niveau de remboursement par l’Assurance Maladie en cas de non-respect de ce parcours de soins va baisser (30 % au lieu de 50 % précédemment). Quand on les en informe, ils sont 55 % à penser qu’il s’agit d’une “mauvaise” mesure.

Amélie Pelletier

Source :
Baromètre Prévoyance – 4ème vague Santé, La banque Postale, La Mutuelle Générale et La Tribune. En ligne prochainement sur le site de l’institut de sondage TNS-Sofres.

Implants dentaires : une vigilance nécessaire

Pas d’excès d’indication d’implant ou de prothèse : rien ne vaut nos propres dents. » L’assertion émane d’un spécialiste de la santé dentaire, le Dr Irénéo Salsedo, stomatologue azuréen. « Même si aujourd’hui, chacun s’accorde à reconnaître dans l’implant dentaire la meilleure réponse à une édentation totale ou partielle, son indication doit être parfaitement posée, de même que sa réalisation doit répondre à des règles très précises. » Ces précisions sonnent comme une mise en garde contre les dérives possibles – et déjà réelles – d’une pratique qui constitue une manne financière considérable, autant pour les marchands d’implants que pour ceux qui les posent. Que faut-il savoir pour se faire « implanter » sans se « planter »? « Le patient doit s’enquérir du type d’implant qui va lui être posé, demander aussi si la marque en question existe depuis longtemps, et surtout si elle est amenée à perdurer », signale le Dr Salsedo.

Veiller à la traçabilité
Les implants proposés sont très variables, en termes de prix comme de qualité. Certains peuvent même être obtenus sur Internet pour 65 euros! « Au problème de sécurité s’ajoute celui de la traçabilité. On peut se retrouver un jour avec une pièce à remplacer impossible à trouver, la société qui la commercialise s’étant volatilisée. » Lors de la consultation, le patient peut donc exiger une carte de traçabilité.
Au-delà de la qualité des matériaux, c’est aussi la compétence du spécialiste qui les pose qui doit être questionnée : « Certains industriels qui commercialisent ces dispositifs n’hésitent à proposer des formations sur trois jours à l’implantologie, avec à la clé, la mise à disposition d’implants au rabais, d’origine inconnue. Aussi peut-il être utile de demander si le praticien a une vraie expérience d’implantologie. »
Reste enfin à s’assurer des parfaites conditions d’asepsie dans lesquelles se déroulera l’intervention. La dent est en effet une porte d’entrée toute désignée pour les microbes.
Si les plaintes de patients restent encore peu nombreuses, et les échecs rares, cela tiendrait surtout au fait que la pratique n’a pas encore atteint le développement qu’on lui augure. « Beaucoup de praticiens n’opèrent encore que si toutes les conditions de réussite sont réunies, et en particulier, s’il reste suffisamment d’os pour visser les implants. »

L’autogreffe privilégiée

Mais ce dernier obstacle est en passe d’être contourné grâce à la greffe osseuse : « Depuis l’an 2000, les praticiens maîtrisent mieux les techniques de régénération osseuse et le nombre d’actes d’implant a doublé en quatre ans. Le “gold standard” (la référence, Ndlr) reste le greffon autogène biologique qui consiste à prélever, sous anesthésie, un peu d’os d’autres parties du corps pour le greffer là où il fait défaut. L’un des avantages essentiels des autogreffes est leur fiabilité, grâce à l’absence de contamination ou de réaction immunologique, car le prélèvement s’effectue sur l’individu lui-même. »
Reste le sujet qui fâche : le coût. 1500 euros en moyenne pour la mise en place d’un implant de qualité. 3000 à 6000 euros si une greffe osseuse est nécessaire. « L’implant est hors de portée de beaucoup de bourses, notamment celles des personnes âgées », regrette le Dr Salsedo. Avec ses confrères, il tente de convaincre de l’utilité d’une prise en charge par les caisses d’assurance-maladie. Une requête restée pour l’heure lettre morte.

Source :http://www.nicematin.com

E-santé: Demain, tous soignés sur le Web ?

Première expérimentation mondiale d'échographie cardiaque et obstétrique en simultané sur 3 sites distants, en 2004 à Paris.

SANTE – Le décret encadrant la pratique vient de paraître, en avant pour le tour de ses applications concrètes…

«Les premières téléconsultations auront lieu au début 2011.» Pour Roselyne Bachelot, c’est certain, l’avenir de la médecine est en marche. Un décret vient en effet d’être publié au Journal officiel, qui donne un cadre légal à la télémédecine. Le but? Régler les problèmes de démographie médicale et en finir avec les déserts médicaux.

«La télémédecine n’était jusqu’à présent qu’expérimentale, il s’agit d’un début de généralisation», explique à 20minutes.fr Pierre Traineau, directeur général du Catel, réseau de compétence en télésanté et télémédecine. «Le décret lève un frein législatif, poursuit-il, mais la généralisation ne se fera que progressivement.» En attendant, petit tour d’horizon de ce qui vous attend demain et après-demain.

Les téléconsultations

Elles font partie des quatre actes définis par le décret et permettent à un professionnel médical de «donner une consultation à distance à un patient». Une personne âgée en maison de retraite pourrait ainsi consulter dans le cadre d’un bilan mémoire ou nutritionnel le gériatre d’un centre hospitalier trop éloigné pour qu’il puisse se déplacer, explique Pierre Traineau. Des consultations psychiatriques ont également été expérimentées. Le tout à l’aide de matériel et de sites de vidéoconférence dédiés garantissant une bande passante, une sécurisation des données et une qualité d’image et de son suffisantes.

La téléexpertise

A l’aide du même matériel, un professionnel disposant déjà d’éléments médicaux peut solliciter l’avis d’un confrère ou d’un spécialiste. Une vidéoconférence dans le cadre de staffs collectifs peuvent être organisés sur le cas d’un patient. Des pratiques qui sont déjà mises en œuvre, selon le DG du Catel.

La télésurveillance médicale

Elle permet à un médecin d’«interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d’un patient», et de prendre éventuellement des décisions relatives à sa prise en charge. Les patients atteints de pathologies chroniques gérant des traitements parfois lourds à domicile sont concernés. Pierre Traineau cite l’exemple des insuffisants rénaux sous dialyse ou des diabétiques suivant des traitements par insuline.

La téléassistance médicale

Elle permet à un professionnel de santé d’«assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte». Selon Pierre Traineau, des solutions technologiques permettant la surveillance des plaies est déjà disponible, par le biais de photos. Une infirmière experte dans une institution spécialisée peut alors conseiller une autre infirmière chargée de réaliser le pansement du patient.

Demain, la téléchirurgie

Elle ne fait pas partie des quatre axes développés par le décret, mais cette pratique consiste à réaliser une intervention à distance, assistée par un ordinateur. «Elle est expérimentée avec succès depuis 2001», indique Pierre Traineau. Mais pour ce spécialiste, «ce n’est probablement pas ce qui concernera le plus de gens».

L’avenir: la médecine mobile

«Le citoyen-patient va rechercher de plus en plus de mobilité», affirme Pierre Traineau. Dès lors, quand l’habitude de la télémédecine sera prise, les malades voudront pouvoir être suivis dans tous leurs déplacements. Le spécialiste l’affirme: «Les smartphones et la miniaturisation des capteurs représentent sans doute l’avenir.» Des capteurs qui, intégrés à des dispositifs médicaux ou des vêtements, permettront de mesurer les constantes vitales du patient (respiration, pulsations cardiaques, tension artérielle) avant de les transmettre au médecin via le téléphone portable.

Source : 20 minutes.